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[JV] – Le Némésis du Jeu Vidéo

Ou, le jeu qu’on a jamais fini et qu’on ne retouchera jamais.

On a tous ce type de jeu, comme un némésis que l’on a souvent connu petit pour les gamers les plus anciens. Je ne parle pas des jeux qui ont de gros problèmes de gameplay et qui les rendent réellement impossible à finir, voire même à jouer. Mais bien d’un jeu qui vous a pris votre temps, il vous l’a volé sans jamais se dévoiler complètement à vous, sans vous montrer sa fin (un peu comme une allumeuse quoi). Ce jeu est une souffrance, parce que lorsqu’on nous en parle, nous avons tous la même réaction :
« Mais oui ce jeu bordel ! J’ai jamais réussi à le finir, ce niveau était trop dur !! Je l’ai passé une seule fois avec un bug/je ne sais pas comment/avec un coup de bol (barrez la mention inutile) mais je suis mort juste après/la console à planté/le courant a été coupé (idem) ».

Pourquoi l’a-t-on abandonné ? Parce que pas assez de temps ? D’autres jeux à faire ? Non, la vérité c’est que l’on a abandonné l’espoir de finir ce jeu parce qu’on a perdu… et ce n’est pas que la motivation, ou encore la patience, les nerfs, la flamme… Non la vérité, c’est que nous avons juste perdu contre ce jeu. Il nous a défait, il a réduit à néant notre envie d’y jouer. Le jeu nous a battu, il a été le plus fort.

Difficile à croire n’est-ce pas ? Sega c’est plus fort que toi n’était pas forcément que du bullshit.

Mais vient le moment, quelques années plus tard, où nous retombons sur ce jeu, qu’il soit nommé lors d’une soirée/émission, que vous recroisiez la cartouche dans une brocante, ou sur une vidéo qui en montre un extrait sur le net. A ce moment donc, un tourbillon de sensations revient à vous dans un mélange de bons souvenirs et de frustration.

Puis une idée fait son chemin dans votre tête, doucement, elle traverse votre mémoire en s’imprégnant de tous vos bons moments qui caractérisent ce jeu et elle se déplace vers votre frustration de ne jamais l’avoir fini et enfin elle sort en passant par votre curiosité. Le mélange de tout cela, c’est l’envie irascible d’aller voir la fin de ce jeu.

Mais comment faire ? Vous n’avez plus la console ni le jeu, ou vous avez peut-être même la flemme de tout rebrancher après avoir retourné la cave. Pire encore, le jeu n’avait probablement pas de sauvegarde et tout refaire pourrait être douloureux… nous ne sommes plus habitués à ce genre de gameplay par moments un peu rigide. L’émulateur est possible et avec le cheat des sauvegardes rapides, qui sait, vous pourriez réussir à finir le jeu ou au moins passer ce moment qui vous a toujours bloqué… ou pas. Que se passerait-il si encore une fois le jeu vous battait à cet endroit précis ? Tel un Gandalf de pixel il vous hurlerait dessus les mots « LOL Noooooooooooob toujours bloqué ? »

Non ne prenons pas ce risque insensé d’être humilié une fois de plus. Je ne pourrais pour ma part plus regarder ma Harley Quinn en face si après avoir platiné les Dark et Demon Souls je me retrouvais bloqué devant un Juggernaut dans le monde d’Arcade…

Oui, parce que mon Némésis, ce jeu qui m’a frustré, c’est bien ce Jeu :

Spiderman and the Xmen

Un jeu de plateforme qui à l’époque sur Super-nes était pour moi une bonne came. Pensez-vous, dans le même jeu, on pouvait incarner Spider-man, Storm, Gambit, Cyclope et Wolverine ! Les héros étaient piégés par Arcade (vilain dont on entend peu parler aujourd’hui) et ils devaient traverser chacun deux niveaux qui leur étaient spécifiques pour arriver au niveau final et combattre Arcade.

Arcade devrait être roux...

Bien évidemment le nombre de vies limité, le manque de sauvegarde du jeu et la difficulté étaient de bonnes raisons pour passer des heures à recommencer chaque niveau. Passer le premier niveau de chaque personnage était une victoire en soi et battre le boss du second niveau complètement orgasmique.

Pour résumer rapidement chaque univers, Spider-man devait naviguer en hauteur dans des bâtiments en construction, puis battre le Rhino et Carnage (en même temps, si je ne dis pas de connerie). Je me souviens clairement que Carnage n’était pas si difficile à battre mais que le Rhino était plus délicat, tirer des toiles sur sa gueule ne faisait rien… impossible de le battre à première vue.

Carnage Rhino Vs Spidey

Je m’en suis sorti grâce au livret du jeu, le truc qui ne servait à rien à l’époque mais que tout le monde aimait regarder dans la voiture en ouvrant le jeu et en attendant de rentrer à la maison. On le regardait avec des étoiles dans les yeux en savourant chaque image qui allait bientôt défiler dans notre télé.

Sur ce livret donc (qui était en anglais car c’était un jeu US) il y avait une image où Spider-man se balançait grâce à sa toile, les deux pieds devant, vers le Rhino. Ce mouvement servait uniquement en jeu à se déplacer mais là je me suis dit…. Peut-être que… et BIIIIIM ciao le Rhino, fin des niveau de Spidey, la gloire pour moi.

Motivé comme un dingue, je continue le jeu, je finis assez facilement les niveau de Storm où il n’y avait pas de Boss mais où il fallait juste sortir d’un labyrinthe inondé d’eau… rien de très compliqué.

Cyclope

Je passe à Gambit, qui avait droit à un niveau assez bizarre, perdu dans un espèce de chambre avec des pions d’échecs qui l’attaquaient. Les deux niveaux étaient difficiles mais pas les pires du jeu, et surtout, le boss final était grisant dans un sens puisqu’il s’agissait de la Black Queen.

Cyclope, de son côté, était perdu dans une espèce de mine souterraine où il devait récupérer des cristaux pour survivre et jouer à Indiana Jones dans des chariots roulant à toute vitesse. Ses niveaux étaient, mine de rien, assez difficiles, non seulement parce que piégés dans tous les sens, mais aussi parce que le gameplay du personnage était différent. Cyclope pouvait tirer dans trois directions : face à lui, vers le bas et vers le haut. Du coup, diriger son tir dans un chariot qui roulait à pleine balle était par moment super relou. Son boss de fin était une Sentinelle, ce qui à l’époque m’avait laissé un sacré souvenir.

Puis le personnage le plus attendu, celui que je gardais bien évidemment pour la fin : Wolverine.

Parce qu’on va pas se le cacher plus longtemps, jouer Wolverine dans un jeu vidéo c’est juste la classe internationale.

Niveau gameplay, on avait la possibilité de sortir et rentrer les griffes, et ça bute ! On les laissait sorties, bien sûr, et on avançait dans le premier niveau avec des diables qui sortaient de leurs boîtes. On les défonçait et on finissait le premier niveau easy, parce que Wolverine, il est balaise ! Puis je lançais le dernier niveau.

La classe !

Je fais une pause ici pour préciser bien évidemment que lorsque je dis que je lançais le dernier niveau, je parle du dernier niveau disponible. J’étais quasi à la fin du jeu, il ne me restait que ce niveau pour arriver vers le boss final…

Le second niveau de Wolverine était simple : une ligne droite, des murs à ouvrir à coup de griffes. Suspendus à des cordes que l’on pouvait couper, des poids d’une tonne qui pouvaient être mis sur la route du Juggernaut. Oui, le Juggernaut, ce boss qui allait vous poursuivre tout au long du niveau. Règles simples : s’il vous touchait trois fois, vous étiez mort. S’il vous dépassait, vous étiez mort. Easy win, puisque l’on pouvait le frapper à coup de griffes, ce qui le ralentissait, et que les poids lui faisaient aussi des dégâts au fur et à mesure du niveau.

J’avance donc en lui faisant des dégâts, ouvrant le passage, me retournant pour lui faire des dégâts, j’avance, je saute au dessus des trous… et euh… pourquoi il ne semble pas y avoir de plateforme de l’autre côté de ce trou là ? Ha y’en a pas ? Mais donc je meurs ? Si je saute je meurs, si je tombe aussi. Si l’autre me rattrape pareil… Il n’y a pas de plateforme cachée ? Non ?

Ok je viens de perdre toutes mes putains de vie sur ce niveau ? Ok je recommence le jeu, mais cette fois je commence par Wolverine histoire d’être sûr… de perdre encore ?

Voilà mon némésis, ce niveau de merde qui ne m’aura jamais laissé passer… J’ai tout fait à la perfection et pourtant, impossible…

Et donc, il y a un petit moment, je tombe sur ce jeu via quelques vidéos youtube… et l’envie de voir enfin comment passer ce putain de niveau me prend. Je regarde donc un Walkthrough… attendant tranquillement ce niveau qui arrive ici à 31 minutes et 15 secondes.

Je dois avouer que même en regardant la vidéo je ne vois pas ce qu’à l’époque j’ai pu mal faire…

Le comble dans cette histoire, c’est quelques temps avant d’avoir le jeu à l’époque, je lisais un petit magazine nommé Player One, et dans les pages où les lecteurs demandaient des tips, ce passage avec le Juggernaut avait été évoqué. A l’époque je m’étais clairement dit : « je ne vais pas lire ça, de toute façon je n’ai pas le jeu ». Evidemment, lorsque je l’ai eu ce jeu… impossible de remettre le main sur ce magazine…

Bref, je suis sûr que je ne suis pas le seul joueur avec ce type de némésis et ce n’est clairement pas le seul némésis que j’ai dans ma vie de gamer. Mais le reste j’y reviendrai un autre jour, je dois voir la fin de ce Walkthrough d’abord…

Enjoy

Zephiriel